Le Tunnel du Goût à Lyon, j’y étais

BIG 2015

 

Peut-être avez-vu entendu parler de ce truc un peu fou qui s’est déroulé à Lyon le week-end dernier. Dans le cadre du salon professionnel de la restauration et de l’hôtellerie (le SIRHA), qui se tient tous les 2 ans, les organisateurs de la manifestation ont décidé d’ouvrir cet événement au grand public en créant la Biennale International du Goût (BIG, pour les intimes). Et votre serviteur a pu assisté à l’événement inaugural, Le Tunnel du Goût.

Samedi dernier, c’est un peu le cœur gros que je renonce à la douceur du foyer (et à la grasse matinée du lendemain) pour m’engouffrer dans un train, direction Lyon, the capital of gastronomie. A mon arrivée, il neige à gros flocons sur la ville. Je mets à peu près 20 minutes à me repérer et à trouver mon hôtel, pourtant situé à 5 minutes de la gare (le froid engourdit mes mains, je suis moins agile sur l’écran de mon smartphone). Malgré ce froid polaire, j’enfile mon manteau (merci les doudounes Uniqlo), bien décidée à me rendre à pied jusqu’au tunnel de la Croix-Rousse où se déroule l’événement. En chemin, je traverse des quartiers plutôt bourgeois, et assez déserts. Un petit coup d’oeil sur le plan me confirme que pour profiter de l’activité lyonnaise de ce samedi après-midi j’aurais dû traverser le Rhône bien avant. J’arrive quand même au bout d’une petite heure de marche à l’entrée du tunnel Modes Doux de la Croix-Rousse. Modes Doux, quel drôle de nom, me direz-vous ! C’est aussi ce que j’ai pensé lorsque je l’ai entendu la première fois. Il s’agit en fait d’un tunnel réservé aux cyclistes et piétons et interdit aux automobilistes (enfin d’après ce que j’ai vu, il y a quand même une voie réservée aux bus dans ce tunnel, va comprendre). Et ce soir-là, point de vélo dans le tunnel mais une quarantaine d’artisans lyonnais installés derrière un comptoir en bois d’1,7 km (la longueur du tunnel) et attendant le chaland, pour lui faire déguster saucisson, boudin, bières et autres spécialités de la région (non, la bière n’est pas l’apanage de la Belgique, une fois !). En tant que journaliste (dans l’événementiel. Mais si, souvenez-vous), je pénètre dans le tunnel Modes Doux, rebaptisé du Goût pour l’occasion, une quarantaine de minutes avant le grand public. A l’entrée, côté Rhône, des serveurs se préparent à servir (logique pour des serveurs, me direz-vous) un breuvage mystérieux : il s’agit de la Soupe de Monsieur Paul, dont la recette composée de 26 ingrédients (ça change de la carotte-pomme de terre-poireau de votre grand-mère) a été imaginée par le chef Paul Bocuse, grande fierté des Lyonnais. J’avance dans le tunnel, et découvre une succession de mets plus appétissants les uns que les autres : plateaux de fruits de mer, fromages, pâtisseries… Seul hic, les stands ne sont pas encore ouverts au public. Mes pas me mènent au bout de ce tunnel quasi-désert dans lequel je ne croise pour l’instant que des membres de l’organisation affairés qui crient dans des talkie-walkie ou courent comme si leur vie en dépendait. Arrivée au bout, à l’entrée Saône, je décide de rebrousser chemin afin de voir si notre ami Laurent Fabius, attendu pour l’inauguration de l’événement, est arrivé. C’est donc reparti pour 1,7 km dans l’autre sens. En chemin, je m’arrête à une sorte de distributeur pour acheter des « BIG », la monnaie créée spécialement pour la manifestation. Quelques minutes plus tard, je m’arrête à un stand pour acheter une bouteille de bière artisanale (cadeau pour Gérard). Les trois types en train de déguster me regardent d’un drôle d’œil tandis que le type de l’autre côté du comptoir se fiche ouvertement de moi. On dirait qu’ils n’ont jamais vu de filles acheter de la bière. J’ai envie de leur dire qu’il faut sortir un peu, genre venir à Paris. Mais je retiens. Je suis polie. Je leur fais un grand sourire et je repars avec ma bière à 7 euros sous le bras (Gérard, si tu passes par ici, tu la savoures celle-là). Je continue ma déambulation, les stands commencent à ouvrir petit à petit, sauf que je n’ai plus que 1,5 BIG en poche (l’équivalent de 3 euros). J’avance en direction de l’entrée côté Rhône du tunnel pour aller goûter cette fameuse soupe aux 26 ingrédients, lorsque tout à coup j’aperçois le cortège VIP de l’inauguration. « Vous passerez pas ma petite dame. Faut rebrousser chemin. Y’en a d’autres qui ont essayé avant vous », me lance un artisan derrière son comptoir. Rebrousser chemin et me retaper 1,7 km ? Hors de question ! Je décide de me frayer un chemin en contournant le cortège. Sauf que, bécasse comme je suis (la faim, les amis, la faim), c’est du côté comptoir que je décidé de me frayer un chemin. Grossière erreur car c’est de ce côté que notre ministre est occupé à déguster un énième fromage. Et c’est donc face à un Laurent Fabius la bouche pleine de chèvre que je me retrouve nez-à-nez quelques secondes avant de me faire gentiment dégager par le service de sécurité. Mais, mission accomplie, le cortège s’éloigne derrière moi. Bière en main, je reprend ma remontée du tunnel. J’aperçois des gobelets en carton estampillés « La Soupe de Monsieur Paul ». La fin est proche. J’arrive à me frayer un chemin au comptoir et à attraper mon bol de soupe (plutôt bonne ma foi) que je déguste en longeant les stands. A l’Atelier des Chefs, on apprend à faire des œufs cocotte. Un peu plus loin, la Boulangerie Jocteur fait une dégustation de tartes à la praline rose. Je ne résiste pas à l’envie d’en acheter une avec le jeton qu’il me reste. Je reprends ma marche (près de 5 km depuis le début de l’après-midi tout de même). Des gens derrière un cordon admirent le plus grand plateau de fromages du monde. Au stand d’après, on propose d’en déguster 3 sortes accompagnées d’un verre de vin pour la modique somme de 2,5 jetons (5 euros). Problème, je n’ai plus qu’un demi jeton en poche et le distributeur est loin devant moi. De plus, impossible d’acheter moins de 5 jetons (10 euros). Fatiguée et découragée, j’abandonne le plus grand plateau de fromages du monde et poursuit mon chemin jusqu’à la sortie, côté Rhône. Il est 19h30. Dehors, une longue queue de visiteurs impatients serpente sous la pluie battante. Je me mets en quête d’un moyen de transport pour retourner à mon hôtel, engloutir un burger et un verre de vin bien mérités.

BIG 2015                   BIG 2015

 

Bilan : je n’ai pas eu de problème pour pénétrer dans le tunnel grâce à mon accréditation presse. Ce qui n’est par contre pas le cas de certains visiteurs, ayant pourtant réservés leur billet en amont, qui ont renoncé à y entrer. Par contre, je suis contente d’être partie tôt car au vu des photos de l’événement que j’ai pu voir, le tunnel était plein à craquer. Une situation qui aurait pu virer au cauchemar pour moi qui ne suis pas à l’aise du tout dans les mouvements de foule. D’autre part, je déplore l’utilisation de jetons pour se restaurer, ceux-ci ne pouvant être achetés qu’à certains points de vente dans le tunnel et uniquement par tranches de 10 euros. J’ai moi-même renoncé à un achat pour ces raisons-là. J’étais déjà arrivée à cette même conclusion lors de l’événement Street Food Temple en septembre dernier. J’ai tout de même pu rapporter une bière à Gérard (une tradition) et également me régaler d’une tarte aux pralines dans ma chambre d’hôtel, le soir-même.

A très vite pour de nouvelles aventures,

C.

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